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Vue d’ensemble des sessions
Session
SES-18 - Symposium: Prévention des risques reproductifs
Heure:
Mercredi, 06.07.2022:
16:00 - 17:30

Salle: Salle R040


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Présentations

Prévention des risques reproductifs et conciliation travail-maternité: quelles actions et à quelle échelle ?

Président(s) de session: Isabelle PROBST (HESAV, HES-SO, Suisse)

intervenant(s): Cathy VAILLANCOURT (Institut national de la recherche scientifique (INRS) et Réseau intersectoriel de la recherche en santé de l’Université du Québec (RISUQ)), Anne Renée GRAVEL (Université TÉLUQ, Équipe Sage, RéQEF, ERMOS-UQO), Alessia ABDERHALDEN-ZELLWEGER (Unisanté), Damien CORBAUX (SDMIS), Vera BUSTAMANTE (CHUV)

Bien que le milieu et l’activité de travail puissent présenter des risques pour la reproduction tant pour les hommes que pour les femmes, des différences marquées existent entre les deux sexes en termes de processus, de temporalités et d’impacts sur la santé et la fertilité. Dès lors, une approche de la prévention des risques reproductifs qui se veut sensible au genre doit tenir compte à la fois des différences sexuées physiologiques, et des dimensions sociales, environnementales et culturelles entourant la parentalité, tant la maternité que la paternité (Messing, 2021).

De nombreuses législations nationales établissent des politiques de prévention des risques professionnels spécifiques à la grossesse et à la période périnatale, en particulier pour l’allaitement. Elles répondent au fait que la grossesse et l’allaitement impliquent une vulnérabilité accrue à certaines expositions chimiques, physiques. biologiques et psychologiques, mais aussi à des activités pénibles et horaires contraignants, qui ont des effets négatifs plus nombreux et plus prononcés pour les femmes enceintes ou allaitant, par leurs effets spécifiques sur le développement du fœtus, ainsi que sur la santé de la mère et du bébé à court et long terme (Fowler & Culpepper, 2020; Lafon, 2010). Ainsi, ces législations prévoient un aménagement de poste, le transfert, voire le retrait de l’activité de la travailleuse enceinte ou allaitant.

Si ces mesures de prévention ont globalement démontré une diminution des issues négatives de grossesse (Croteau et al., 2006, 2007), elles restent peu efficaces pour les expositions précoces ou préconceptionnelles (Andersen et al., 2015; Hansson & Schenk, 2016). En outre, dans certains milieux de travail, les aménagements ou transferts de postes peuvent être difficiles à appliquer (Probst et al., 2018). Ils peuvent parfois produire des effets imprévus (par exemple lorsqu’un poste de remplacement recèle une pénibilité non reconnue). La conciliation travail-maternité peut aussi se révéler plus complexe que la seule prévention des risques (Malenfant et al., 2011). En particulier, la singularisation de la grossesse et de la maternité par les politiques de prévention différenciées peut mener à des tensions au sein des collectifs de travail, voire exacerber des discriminations de genre sur le lieu de travail et conduire à l’exclusion des femmes de certains postes (Vogel, 2003). A l’inverse, certains aménagements des tâches et des pratiques ne sont en réalité possibles que grâce au soutien d’un collectif de travail (Gravel et al., 2017). Enfin, la question se pose de la manière de reconnaître et d’intégrer les connaissances les plus récentes sur la physiologie du développement fœtal, et la programmation fœtal (notion de DoHAD, origine développementale de la santé et des maladies) dans la législation et dans les pratiques de prévention des risques professionnels (et plus largement environnementaux).

Le symposium vise à faire le point sur ces différents enjeux de la prévention des risques pour les travailleuses enceintes, les mères et les (futurs) enfants ; il vise également à réfléchir à la manière de mener des actions de prévention efficaces et favorables à l’égalité de sexe et de genre, en s’interrogeant en particulier sur les échelles auxquelles ces actions sont à mener.

 

Présentation du symposium

 

Pourquoi limiter le stress au travail durant la grossesse ? Effet du stress maternel prénatal sur la santé maternelle et fœtale

Cathy VAILLANCOURT
Institut national de la recherche scientifique (INRS) et Réseau intersectoriel de la recherche en santé de l’Université du Québec (RISUQ)

Le stress auquel les femmes enceintes sont exposées notamment en milieux professionnels peut induire des effets nocifs sur la santé de la mère et de son enfant. Cependant, la dimension de stress psychologique au travail est souvent une dimension oubliée en ergonomie. Cette communication fera le point sur les connaissances récentes sur l'effet du stress maternel prénatal sur le bon déroulement de la grossesse et par conséquent sur la santé de la mère et de son enfant. Ces connaissances serviront à répondre à la question : comment reconnaître et intégrer les connaissances les plus récentes sur les effets d’un stress prénatal maternel dans la législation et dans les pratiques de prévention des risques professionnels. Cette communication mettra également en lumière pourquoi l’intervention ergonomique doit viser une analyse des situations de travail éclairées par des enjeux liés au développement de la dimension psychologique de la personne.

 

La gestion des risques liés au travail durant la grossesse. ce que tout responsable en prévention devrait savoir…

Anne Renée GRAVEL
Université TÉLUQ, Équipe Sage, RéQEF, ERMOS-UQO

Ce texte présente une démarche préventive participative qui s’implante en milieu de travail depuis l’intégration, en 1979, d’un droit assurant une maternité sans danger aux travailleuses enceintes dans la Loi sur la santé et sécurité du travail au Québec. Sur la base de recherches récentes, l’auteure met en évidence que l’intégration de cette démarche préventive participative en organisation favorise le mieux-être au travail, élimine les situations de travail à risque durant la grossesse et contribue à améliorer la performance organisationnelle. L’ergonomie vient en renfort pour appuyer cette démarche préventive.

 

Evaluation d’une consultation spécialisée en médecine du travail pour les employées enceintes : apports et limites

Alessia ABDERHALDEN-ZELLWEGER1, Isabelle PROBST2, Julien VON LANTHEN3, Saira-Christine RENTERIA4, Karine MOSCHETTI3, Loïc BRUNNER3, Peggy KRIEF3
1Unisanté et HESAV, HES-SO, 2HESAV, HES-SO, 3Unisanté, 4CHUV

Cette communication a pour but d’évaluer l’apport d’une consultation spécialisée de médecine du travail à la protection des employées enceintes et à leur maintien en emploi. Entre 2015 et 2021, des indicateurs ont été recueillis auprès d’employées enceintes venues en consultation, ainsi qu’auprès de leurs employeurs.

Sur les 312 employées enceintes venues en consultation, 93% sont exposées à des risques professionnels multiples. Les mesures de protection effectuées par les employeurs contactés (n=260) sont rares (15% d’analyses de risques et 34% d’adaptations de poste). Après cette consultation et les échanges entre employeurs et médecins du travail, 40% des femmes ont pu reprendre leur travail à un poste aménagé.

La consultation favorise l’identification des risques professionnels, permet le maintien des femmes enceintes au travail dans des conditions adaptées et soutient les parties prenantes. Elle devrait être davantage soutenue et étendue.

 

L’accompagnement de la grossesse et de la maternité dans les services d’incendie et de secours

Damien CORBAUX
SDMIS

Malgré les injonctions politiques, l’égalité entre les femmes et les hommes peine à s’imposer dans les milieux professionnels traditionnellement masculins, comme celui des sapeurs-pompiers. Afin de promouvoir la féminisation, il est demandé aux services d’incendie et de secours de formaliser un plan d’action en faveur des femmes, objet de notre recherche. Dans cette activité initialement pensée par et pour des hommes, l’accompagnement de la grossesse et de la maternité apparaît désormais comme l’une des priorités. L’exposition aux risques est omniprésente et plurivalente et fait l’objet d’une attention soutenue. Ainsi, l’état de grossesse induit une inaptitude opérationnelle temporaire, mais il semble nécessaire de mieux informer et accompagner les femmes durant cette période, jusqu’au retour dans l’activité et de favoriser la conciliation des sphères de vie.

 

Grossesse et travail. Favoriser le maintien au poste de travail de type administratif : projet pilote au sein d’un hôpital

Vera BUSTAMANTE1, Aurélia PELLAUX1, Elise FAVRE2, Catherine LAZOR-BLANCHET1
1CHUV, 2HETSL, HES-SO

La législation suisse prévoit que lorsque l’activité expose une femme enceinte à des risques pour sa grossesse, l’employeur doit lui proposer une activité adaptée. Les activités administratives, communément considérées comme sans dangers particuliers, sont toutefois peu voire pas concernées par ces mesures de protection spécifiques. Un projet-pilote a été mis en œuvre au CHUV en 2019 pour les collaboratrices enceintes occupant un poste de travail administratif informatisé habituellement ou ponctuellement dans le cadre d’un aménagement spécifique à la grossesse. La grossesse peut engendrer une symptomatologie diverse (fatigue, jambes lourdes, lombalgie, etc.) pouvant générer des difficultés pour l’activité voire des périodes d’incapacité de travail. Ce projet vise à identifier les conditions de travail des collaboratrices enceintes aux postes de travail informatisés, ainsi que les actions d’amélioration et de maintien au poste durant la grossesse.



 
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